Vernissage vendredi 27 septembre 2019 à 18h00

Un travail de ramassage et de nettoyage suite à un curage en profondeur de fossés / watergangs se mue en triage et récup (briques, tôles ondulées), puis en catalogue-témoin des activités du marais, sorties en bateau et BBQ, sous la forme de grilles et d’ustensiles de cuisine, de bouteilles de bière et de vin, et de jeux d’enfants. Témoin aussi de l’agriculture, avec le fer des outils et les emballages plastique d’engrais. Et témoin de l’histoire de la région, sous la forme d’enseignes et de restes d’armements de la Grande Guerre.
Un travail surtout d’identification et de réflexion sur le parcours humain et l’empreinte que nous laissons sur notre passage avec nos traces salissantes et néfastes, mais parfois aussi, ludiques et poétiques, comme cette Barbie, née en Chine en 2006, qui a nagé bien loin pour venir fêter le 60ème anniversaires des poupées Barbie avec nous.

Organisé par Christine Gist pour Tempo Arts en collaboration avec espace 36 association d’art contemporain, Saint-Omer.

Médiathèque municipale de Moulle, 9 rue des Arts, 62910 Moulle
horaires d’ouverture : 
mardi 16h30 à 18h30, mercredi 16h00 à 18h00
vendredi 16h30 à 18h30, samedi 10h00 à 12h00

Brochure de l’exposition (en Pdf)

Cette exposition atypique présente des petites collections d’objets rejetés sur un champ lors d’un curage dans le Marais audomarois. La méthodologie de regroupement, très approximative, est principalement centrée sur les matériaux.
À l’opposé des collectionneurs classiques, par exemple de timbres, qui savent souvent exactement ce qu’ils cherchent – en tous cas des timbres – les objets ici trouvés sont autant de surprises. La grande majorité est issue de la fabrication humaine. C’est dire que ces objets sont la preuve même de l’interaction entre les êtres humains et la nature, mais sans doute pas au sens entendu par UNESCO lorsque l’organisation a décerné le label (Wo)Man and Biosphere au marais.

Après quelques heures de ramassage, et comme avec tout travail, une certaine efficacité s’installe. À force de chercher, de scanner la terre, l’oeil et le cerveau apprennent à mieux regarder. On repère plus rapidement les objets déplacés. Ce qui brille est presque toujours de verre ou d’aluminium. Et les choses de couleur sont presque toujours du plastique ou du caoutchouc.
D’autres objets attirent notre attention de par leur forme. On reconnaît de loin l’angle droit d’une brique, ou l’angle droit, très différent, d’un carreau de sol – même lorsqu’ils sont, l’une et l’autre recouverts d’une couche de boue, et qu’il ne dépasse qu’un petit coin, comme la pointe d’un iceberg.

D’autres objets, qu’on en vient à trouver les plus intéressants, demeurent non identifiés. On a beau les laver, les sous-peser, les scruter sous tous leurs angles, on n’arrive pas à imaginer leur usage. Parfois, on n’arrive même pas à identifier le matériau dont ils sont faits, comme cette petite coque aux tons bruns, dont on se dit, sans en être certain, que c’est peut-être du cuir à l’état figé. À force de sillonner le champ à la recherche de lueurs, de couleurs et de formes étrangères, on est surpris de reconnaître dans la paume de sa main une demi coquille de noix, ou une pomme de pin, deux intrus du monde végétal cette fois, mais tout aussi insolites que les restes de fabrication humaine. Apprendre à regarder, c’est aussi tout voir comme pour la première fois.

Un grand merci à l’équipe des Wateringues pour son efficacité, sa bonne humeur, et ses conseils. Merci aussi à Philippe pour l’après soin, à Saskia et Willem pour leurs efforts avec le détecteur de métaux, et à tous deux et celles qui nous ont aidé avec le travail d’identification. Philippa Burton est britannique-irlandaise, interprète de profession, et depuis cinq ans copropriétaire d’une maison dans le Marais audomarois.