Dans le cadre de son programme de résidence de création établi depuis 2001, l’espace 36 propose pendant trois ans un thème de travail identique à des artistes aux univers différents. Depuis 2016 nous accompagnons le renouveau de l’image de l’Audomarois, en pleine mutation de son rayonnement et de son attractivité. Après le duo numérique Emilie Brout – Maxime Marion et la photographe Julie Maresq, c’est au tour de l’artiste du dessin Léa Mayer de nous livrer sa vision de la région de Saint-Omer à travers les yeux de ses habitants.

Venant de Bruxelles, Léa Mayer a appréhendé tout au long de l’année 2018 le territoire en allant à la rencontre de ceux qui le vivent au quotidien. Par ses dessins entre figuration et abstraction, directement réalisés sur les murs de l’espace 36, elle nous invite à revenir aux fondamentaux, à l’essence visuel d’un espace, à redécouvrir l’intensité banale d’un paysage commun. Les natifs retrouveront sans doute l’aspect familier des formes et des couleurs, un vocabulaire visuel propre à un environnement vécu. Dans une démarche participative, Léa Mayer a invité des habitants à s’approprier ses dessins en leur donnant des titres, intégrés dans l’exposition. Elle propose de même aux spectateurs de participer à ce processus créatif au cour de leurs visites. L’exposition invite ainsi chacun à s’ouvrir à sa propre perception, mettant en lumière les différentes possibilités de regarder une image.

 

 

 

exposition du 26 janvier au 16 mars 2019

– samedi 26 janvier à 18h : vernissage

– Samedi 2 février, 15h : atelier observations, postures et méditation avec Solène Yoga

– Samedi 2 mars, 15h visite augmentée et expérimentations

http://www.leamayer.net/

 

Mon travail est une recherche autour des notions de perception, de connaissance et d’imagination : ce que l’on voit, ce que l’on croit, ce que l’on veut bien croire. Quelle est l’influence de notre éducation, de notre histoire sur notre compréhension d’un objet, d’une oeuvre d’art, d’un discours, d’un paysage, de l’espace, du temps ? Comment se développe le choix, inconscient ou délibéré, de poser un certain regard sur les choses ? Le point de départ de mon travail repose sur de minutieuses études du réel, hors de l’atelier, structurées par des échanges sociaux, des dessin, de l’écrit. J’étudie les processus de la perception visuelle, sémiotique et esthétique. J’examine le monde interprété, le monde remémoré, le monde raconté. Chaque projet est une procédure de recherche ouverte et reste comme tel. La procédure consiste en l’obtention d’une connaissance approfondie, d’une réflexion sur une situation choisie, jusqu’à l’élaboration d’une forme nouvelle. Une pratique protéiforme, conceptuelle avec comme moyens sous-jacents le jeu, la légèreté, l’humour. Tout l’enjeu de mon travail repose sur la mise en lumière de la poésie dont recèlent les différences d’interprétations et l’impossibilité de les représenter. Un vaste champ de recherche, qui s’étend de l’approche du quotidien jusqu’à la compréhension de l’art. J’exploite cet intervalle : entre ce qui est là, ce qui est communiqué, ce qui est compris. Un intervalle ou l’imagination est présente chez chacun et peut-être amplifiée.

L’art comme témoin de ces recherches.

Léa Mayer