vernissage samedi 16 novembre à 18h

Un partenariat avec le Réseau 50° Nord, le Centre Régional de la Photographie (Douchy-les-mines) et La Centrale (Bruxelles)

De nouveau l’espace 36 participe à l’événement régional organisé par le réseau 50° Nord, Watch This Space, biennale dédiée à la jeune création, qui revient pour une dixième édition. Cet événement collectif, coordonné par le réseau 50° nord, souhaite jeter un coup de projecteur sur les jeunes artistes de l’Eurorégion Nord avec les différentes structures qui mènent un travail de prospection et d’accompagnement de la création artistique.

Cette année l’espace 36 a choisi d’accompagner et de soutenir le travail du plasticien Mathieu Harel Vivier, sur un projet avec la Nouvelle Calédonie. Cette exposition sera l’occasion de travailler avec deux structures du réseau franco-belge 50° Nord, le Centre Régional de la Photographie à Douchy-les-Mines et La Centrale, structure municipale d’art contemporain de Bruxelles.

 

L’expérience photographique est envisagée comme point de départ du processus artistique. Qu’il s’agisse de travailler avec des prises de vues, des images réalisées sans appareil ou bien des images d’archives, l’attention est chaque fois portée sur la question du déplacement d’un sujet ou événement observé ou sur lequel on a enquêté vers le champ de l’art. La question du terrain de recherche et son inscription dans l’histoire sont des enjeux particulièrement importants au moment de penser le projet d’exposition. Par ailleurs, mes recherches portent sur la notion d’agencement considérée selon un double point de vue, d’une part, comme le processus conduisant à travailler avec des images, et d’autre part comme une forme d’organisation qui favorise une diversité de relations entre les images et stimule le travail de la pensée. C’est ici à partir des images et témoignages recueillis lors d’un déplacement récent en Nouvelle-Calédonie que l’exposition présentée en deux volets à l’espace 36 et à La Centrale verra le jour.

Le projet consiste à développer une recherche artistique à partir de récits familiaux connectés à l’exploitation minière du nickel sur différents sites du territoire. En fait, il s’agit de considérer le fait personnel – un grand-père qui a vécu sur place de 1949 à 1962, travaillé sur différents sites miniers et vécu en tribu – comme un fait éminemment politique (1) pour tisser des liens avec quelques personnes habitant le pays et avec les expériences vécues des années plus tard en 2018 et 2019 à la recherche d’images en accord avec les récits et photographies qui m’ont conduit à faire le déplacement.Considérant la Nouvelle-Calédonie comme un territoire traversé par les flux, non seulement du fait de sa situation en mer de corail et dans l’océan Pacifique Sud, mais également à travers son exploitation minière, son métissage culturel et ses coutumes, tout l’enjeu du projet réside dans le dépassement du fait personnel pour s’adresser au public à travers plusieurs expositions qui en fonction des lieux comprendront plusieurs tirages photographiques, de courtes vidéos, une pièce sonore, une sculpture et des images d’archives familiales permettant d’établir des liens entre les flux qui structurent la société calédonienne d’aujourd’hui.

(1)-Le terme politique est ici entendu comme fondement de la manière dont se pensent les rapports des hommes entre eux, et plus généralement ce qu’Aristote nomme la « région des choses humaines ». Aristote est assurément de ceux qui pensent que la philosophie est, plus qu’un droit, un devoir de regard sur toutes choses.

Mathieu Harel Vivier

 

http://www.mathieuhv.fr/